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Dialogue Franco-Allemand 2010 _CMN_PDF _CMN_PRINT lettre email

Les 6 et 7 mai 2010 a eu lieu à l’Académie Européenne d’Otzenhausen le 12ème Dialogue Franco-Allemand autour du thème « Face à la crise : la Société civile, l’Etat, l’Europe », événement qui ne pouvait être plus d’actualité.
C’est précisément la semaine de la décision du déblocage des fonds de plusieurs milliards pour le soutien à la Grèce et la stabilisation de l’euro que les débats autour de la crise économique et financière mondiale ont eu lieu à Otzenhausen.
L’heure était d’abord au bilan : Quelles sont les origines de la crise ? Comment a influencé le développement de la crise sur les marchés financiers l’économie réelle ? Et avant tout, pourquoi les Etats-membres se retrouvent-ils subitement dans les remous de la spéculation financière mondiale ?

La réponse qu’a donnée l’économiste Joachim Starbatty à ces questions rend clairement compte de l’ampleur qu’a prise la pression politique au sein de l’Union Européenne. La présumée prise en compte de la crise financière va de paire avec le transfert des risques financiers du secteur financiers au secteur public. Pour lui, ce transfert implique une atteinte  directe des Etats et des économies concernés.
Que les politiques se laissent dicter leurs lois par les acteurs des marchés financiers globaux ne pouvait plus durer.
Dans ce contexte, il a été aussi revendiqué qu’il fallait briser la logique de la spéculation financière mondiale pour surmonter durablement la crise.

Pourquoi les pouvoirs politiques décisionnels en Europe – avant tout la Chancelière Angela Merkel et le Président Nicolas Sarkozy – prennent autant de temps avec la régulation toujours reportée des secteurs de la banque et de la finance ? Ou plus généralement reformulé : les politiques sont-ils encore réellement maîtres de la situation ?
Les réponses à ces questions sont apparues de façons différentes : d’un côté, la France, l’Allemagne et l’ensemble de l’UE sont intégrées dans le processus de globalisation politique et économique. C’est pour cela qu’une coordination avec les autres acteurs principaux de la politique internationale est nécessaire.
Il a été aussi critiqué par d’autres que la majorité des électeurs en France et en Allemagne a contribué à l’accès au pouvoir de politiques qui ont du mal à réformer le système de manière étendue. Cela pourrait toutefois bientôt changer.

Depuis la création de l’euro et de la Banque Centrale Européenne (BCE), les Français ont régulièrement revendiqué une gouvernance économique pour la zone euro. L’actualité de ces revendications ne se retrouve pas uniquement dans les groupes de travail mais aussi dans la réalité. Les différentes conceptions économiques et financières en France et en Allemagne dues historiquement ont été dans ce contexte examinées, autant que la perception mutuelle partiellement critique des deux pays.

Tandis que l’Allemagne est perçue par le grand public français comme arrogante et hésitante dans l’affaire de la crise grecque, la France est soupçonnée de pouvoir jouer de façon irréfléchie avec l’indépendance de la BCE ainsi que la stabilité de l’euro. En vue de ces perceptions nationales, il est d’autant plus important de mener une politique commune coordonnée non pas uniquement de la France et de l’Allemagne, mais bien de tous les Etats-membres de l’UE – une des principales conclusions de ce débat passionnant et très actuel.

Un rapport détaillé et résumé tenant compte de l’ensemble des podiums de discussion et groupes de travail du Dialogue Franco-Allemand 2010 sera disponible à l’automne.

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